DANSER AUTREMENT
Publié le 24 Octobre 2009
La danse n’a pas besoin d’un corps d’athlète, et un handicap n’a jamais empêché un bon danseur de pratiquer sa passion. Une vidéo présentant un battle (confrontation dansée de divers styles de danse urbaine) qui s’est déroulé dans le cadre du festival « Temple O style » le montre bien :
Un seul mot : impressionnant !
Ces deux danseurs de breakdance démontrent à quel point un handicap ne saurait être une identité. Luca Patuelli aka « Lazy legs », est un b.boy canadien atteint d’une maladie orpheline, l’Artrogrypose qui affecte sa mobilité due à une insuffisance musculaire. Il se confronte ici à Jean Sok ou « Petit Freez », originaire de Dijon, considéré comme le meilleur danseur unijambiste de France. Ils utilisent ici leur « différence » pour créer des figures hallucinantes et innovantes.
A l’heure où le handicap est encore une source de gêne en France et que les personnes handicapées ont du mal à être intégrées dans la société, au travail, dans les lieux publics (contrairement à d’autres pays tels que le Canada, la Suède, les Etats-Unis…) il est important de souligner les initiatives des organisateurs, des danseurs, qui proposent des évènements où c'est le talent qui fait la différence.
De nombreuses compagnies de danse proposent déjà des spectacles où danseurs handicapés et valides dansent ensemble, unis par la même passion. Pour ne citer qu’eux, les compagnies « Pierre Deloche Danse » et « Klaus compagnie » intègrent depuis plusieurs années des personnes porteurs d’un handicap dans des chorégraphies surprenantes. Le corps, la chorégraphie, le handicap fusionnent pour ne laisser apparaître que l’essentiel, la danse même. Il est important de montrer qu’il est possible de dépasser les normes et les tabous que certains esprits frileux veulent coûte que coûte maintenir.
Afin de préparer les nouvelles générations, dont des handicapés, à pratiquer leur art, leur passion en toute liberté, en leur inculquant le goût de la danse et en les libérant des regards et jugements des autres.
Maya LOUHICHI
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