QUE CHACUN MARQUE SON HISTOIRE AU WHO IS WHO
Publié le 28 Octobre 2009
Le 27 septembre 2009, un des événements les plus attendus de l’année, un moment magique à chaque édition comme le souligne la créatrice du battle, Annick. A cette occasion, la Villette accueille le milieu de la danse, le hiphop est encore une fois au centre de Paris.
Cette année, les finalistes s’affrontent aux champions en titre de 2008 : Yugson des Wanted Posse en Housedance, Icee de 4 Ze Sound en Hip-hop/New style, Ironmike en session Poppin/Boogaloo, Sisavan pour le breakdance, OmarOmar dans la catégorie Locking et Grichka du RAF Crew pour le Krump. Une victoire 100% française en 2008. Des danseurs connus de tous et respectés dans le milieu artistique. Ils danseront sur le dancefloor face à un jury d’exception composé principalement d’américains. En effet, les juges sont : Ejoe(House), Kmel Boogie Brats (Breakdance), Miss Prissy (Krump), Pop’N Pete (Popping), Joseph Go (Newstyle Hiphop) et Og Skeeter Rabbit (Locking). Place à la magie du WHO IS WHO.
«Beaucoup ont été ému, et d’autres ont en versés des larmes lors de cet hommage à Mickaël Jackson.»
Avant de raconter le déroulement de ce battle, il est important d’en connaître davantage sur le Who is Who. Ce spectacle est né en 2005 et a été mis en place en septembre 2006 exactement. Suite à des nombreux battles, la mère et organisatrice du Who is Who a voulu emmener une touche de sensibilité différente des autres événements. Elle souhaite mettre en avant la danse dans son excellence, développer le côté artistique, et elle a concrétisé cette envie lors de la disparition de Skeeter Rabbit (RIP). D’où vient ce nom ? Annick, qui est aussi danseuse et chorégraphe, nous l’explique lors de l’interview ; « Pourquoi le who is who ? Pour la transmission, car on a tous besoin de savoir d’où l’on vient (passé), qu’est ce qu’on fait (présent) et où l’on va (futur). » Effectivement, cette passionnée de danse hip-hop est loin d’avoir tort, qu’il s’agisse de raisons personnelles ou artistiques, notre Histoire est importante et l’Histoire du hip-hop l’est aussi. Joseph Go, juge à ce battle, soutient son opinion et ajoute « le but de cet événement, de tous les événements, est de s’amuser ».
Lorsqu’un individu danse, il est intéressant de voir son implication et son amour pour cet art. En fonction de la danse de chacun, on comprend le terme « Who is Who » car tout danseur se démarque d’un autre par son style, son expression…sa danse c’est son histoire !
Lors de cette 4ème édition, Annick nous informe des différences qu’il peut y avoir chaque année. Son objectif est de créer des émotions de manière à ne laisser personne insensible, d’avoir et de ressentir un maximum de sensations fortes. Ce professeur de danse compte bien changer notre quotidien par ce show entièrement consacré au hip-hop et conçu pour les danseurs, les passionnés et les artistes. De ce fait, elle invite des artistes côtés tels que Pop’N Pete ou Miss Prissy. « Une édition surnaturelle » comme le décrit-elle de part la présence d’un jury exceptionnel mais également pour le lieu. Le Who is Who devait se dérouler au gymnase Japy et il se retrouve dans un grand lieu public : La Villette. Tant d’amour pour le hip-hop, ce qui est tout à fait compréhensible ! Tous ces danseurs ont distribué un peu de leur amour. D’ailleurs, Pop’N Pete a livré un message touchant et universel destiné à Skeeter Rabbit et le roi de la Pop, Mickaël Jackson. Enormément de personnes ont été ému, et d’autres ont même versés des larmes lors de cet hommage.
« La danse hip-hop est si envoûtante qu’elle s’empare de nous dès notre jeune âge. »
Le Who is Who ouvre ses portes en début d’après-midi, à la Villette. Pour commencer, le battle est animé principalement par Youval, le vrai. Tout commence par la session locking où P.Lock est le vainqueur face au brésilien Franck Ejara, puis face au champion 2008 OmarOmar.
Puis, la session House avec Naïm de Dstreet venu de Lilles comme gagnant face à Bruno, et perdant face au winner Yugson des Wanted (à savoir qu’il est vainqueur trois années de suite !). Lors de cette session, Ejoe le juge House exigera un son plus dynamique auprès des DJs selon lui, les sons qu’ils ont passé donnent envie de dormir. Arrive par la suite la catégorie Popping, Richard de Marseille est vainqueur face à la parisienne Cynthia mais perd lors de la remise du titre face à IronMike. En newstyle, Larry des Twins gagne face à Meech, mais il s’agit d’une victoire spéciale car Meech déclare forfait au deuxième passage. Lors de la grande finale, Icee de 4 Ze Sound remporte la victoire face à Larry, une prestation charmante et enfantine, lorsqu’il fait tomber des bonbons de sa poche volontairement. Quant au breakdance, Bboy Sweet gagne face au bboy Moussa. Lors de cet échange, toute une polémique est faite. Moussa ayant quitté la piste au bout du troisième passage, a engendré la colère du jury. K-mel le défie sur le dancefloor, Ejoe et Miss Prissy décident de partir, et Moussa reviendra affronter K-mel. Mais grâce au professionnalisme de ces personnes, chacun d’entre eux reprend ses esprits, et le jury, au complet, accorde la victoire à Bboy Sweet. En effet, Moussa en quittant la scène a déclaré lui-même forfait. Cependant, le gagnant de la précédente édition, Sisavan, détrône Bboy Sweet.
Pendant les entractes, afin que le public ne s’ennuie pas, des invités sont conviés sur la piste. D’une part, Méda vainqueur en breakdance du 1000pour100 provoque K-mel. Un échange fort en émotion et époustouflant car l’américain « en met plein la vue ». Puis deux petits garçons, Rubens et Rochka, des Pop’N Brothers, ont présenté un show très attractif, comme quoi, la danse hip-hop est si envoûtante qu’elle s’empare de nous dès notre jeune âge. Un battle long mais inépuisable, spécial et captivant, Annick et son équipe ont fait de leur mieux pour nous accueillir et nous satisfaire et ils ont réussi.
Malgré les citoyens hiphop qui se sont plaint, il ne faut pas oublier qu’organiser un événement d’une telle ampleur est délicate, ardue. De plus, certains ont accusé le favoritisme aux « américains », mais sachez que ce sont les Américains qui travaillent le plus, qui se respectent le plus et qui croient en ce qu’ils font. Comme le conclu Annick « Il n’y a pas de secret, un don demande plus de travail pour atteindre l’excellence et être respecté. Le hiphop est une des cultures où il y a encore une liberté d’expression artistique assez large et ce serait dommage que des problèmes d’ego, de jalousie, d’être humain viennent le ghettoïser».
Linda BELKHIR